
Une dernière journée à Tallinn, un jour où encore une bonne partie des musées est fermée.
Au programme du jour : le zoo (encore, je sais, mais lui au moins, il est ouvert), les remparts de la vieille ville et le musée des occupations.
Le soir, j'ai pris le plus beau ferry du monde : MON ferry rouge et blanc qui, en 2h30 m'a déposée à 200m de mon hôtel.
La suite dès que possible.

J'ai l'impression qu'il a plu toute la nuit, du moins depuis 2h du matin, heure à laquelle je me suis réveillée. Même avec mes boules Quiès, j'entends les goutes d'eau qui tombent sur le rebord en fer devant ma fenêtre. Non seulement ça m'empêche de dormir, mais en plus chaque goute qui vient s'écraser avec fracas me fait penser que la journée qui s'annonce va être pluvieuse, et ce n'est pas le jour pour un temps humide car la plupart des musées sont fermé le lundi (et le mardi aussi).
Un peu après 8h, le bruit s'arrête et peu à peu, le ciel se dégage jusqu'à devenir entièrement bleu. Ouaaaaah, trop fort ces Estoniens !! Jusqu'ici, ils ont vraiment été irréprochables en gestion de la météo. Ils arrivent à essorer tous les nuages juste à temps pour que les touristes ne se mouillent pas, vraiment : chapeau !
Ma journée d'aujourd'hui n'est pas trop chargée pour cause de fermeture de nombreux musées. Ma première étape est la visite d'une des tours des remparts (la tour Epping), supposée être très intéressante, avec une exposition interactive et la possibilité de manier des armes d'époque. Euh, la tour était là , mais le reste non. Il y avait bien un archer, 3 épées, une côte de maille et des posters expliquant l'utilité de la tour et la particularité des armes, mais c'est tout. En arrivant en haut, la vue est sympa, sans plus. J'espère qu'ils font mieux pendant la saison touristique, parce que là , je reste sur ma faim.
Du coup, j'ai le temps de visiter tranquillement le musée de la photo, installé près de mon hôtel, dans ce qui fut une prison au XVème siècle lors de la construction du bâtiment.
C'est une visite 3 en 1 : premièrement, je visite le bâtiment qui conserve une architecture intéressante malgré son changement de fonction (les murs blancs épais, les ferronneries, la voûte arrondie de certaines pièces qui me font penser qu'il s'agissait d'anciennes cellules...). Ensuite il y a évidemment les photos, qui font voyager dans le temps (on découvre d'anciennes vues de la ville, des photos prises au début du siècle dernier dans les campagnes...), et enfin il y a aussi une superbe collection d'appareils photos anciens.
J'opte ensuite pour la solution de facilité pour aller jusqu'au jardin botanique : le bus touristique. Ce devrait être plus simple que les transports en commun car le jardin doit à vue de nez se trouver au milieu d'un endroit assez boisé et je n'ai pas envie de me tromper d'arrêt et de faire 1 heure de marche au milieu de nulle part... je n'ai pas assez de cailloux pour jouer au petit Poucet sur un longue distance. Me voilà partie pour passer une paire d'heures le nez dans les fleurs à les regarder, les sentir et bien sûr, les photographier. Après avoir visité la serre et avant de m'aventurer dans le grand parc, je fais une pause gâteau... il avait l'air drôlement appétissant et bien seul sur le comptoir du café, alors je l'ai adopté et aussitôt dégusté... trop miam ! Pour les curieux gourmands qui veulent savoir : c'était un gâteau au chocolat avec des raisins et des petits biscuits plus clairs... c'était bon comme un bonbon, j'en aurais mangé l'assiette avec.
Le parc est immense et les oiseaux chantent à tue-tête pour fêter l'arrivée des beaux jours. Par endroit, de petites fleurs blanches viennent donner encore plus de relief au paysage et prennent le dessus sur l'uniforme gazon vert.
Après cette agréable balade hors de la ville, je prends le bus local en direction de la mer, pour aller voir les ruines du Couvent de Sainte-Brigitte. Le couvent fut le plus grand de l'ancienne Livonie, jusqu'à sa destruction par Ivan le Terrible, en 1577. Cette visite m'a fait penser à ma visite des Thermes de Caracalla à Rome : d'accord, il reste des murs, mais il faut beaucoup d'imagination pour deviner l'apparence du bâtiment à l'époque. J'avais décidé de faire un trait sur les ruines romaines, j'étends désormais cette décision à l'ensemble des ruines quelles qu'elles soient.
A y être, je fais un tour dans les environs : je n'ai que la route à traverser pour arriver au port de plaisance de Pirita, qui avait accueilli les jeux olympiques en 1980. Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est relaxant : l'activité principale du lieu semblant être la pêche, il y a une petite rangée de gens assis à attendre que le poisson morde.
Epuisée par cette nouvelle journée de marche, je rentre faire une pause sur le canapé de l'hôtel... mais, comme un canapé est toujours difficile à quitter, que ma journée a été bien remplie et que je n'ai qu'un seul musée de prévu demain, je décide de repousser ma visite des remparts à demain également.
La faim me fait soudain réaliser qu'il est déjà 20h30 ! J'avais envie de tester un endroit pas cher dont on m'a parlé à l'hôtel; ça s'appelle Eat et c'est un endroit où on mange (ahah! on n'aurait pas deviné). Ils servent des pelmeni (des espèces de raviolis version russe) et des soupes. J'ai donc pris des pelmeni, une soupe (en fait un truc entre la purée et la soupe, au fromage... je ne sais pas combien de calories sont contenues dans un demi-bol, mais j'imagine qu'il faut beaucoup de doigts pour les compter... en tout cas c'est trooooop bon ! ), et un jus de grenade. Et ce repas m'a coûté.... roulement de tambour pour faire durer le suspens... 47 couronnes estoniennes, soit 3 euros. L'ambiance était moyenne car mes voisins de table était visiblement passés à Drink, un bar pas loin, mais le repas en lui-même était simple mais délicieux.

L'analyse des horaires des musées de la ville m'a poussée à choisir ce beau dimanche de mai comme journée dédiée à mon idole Pierre le Grand, tsar de Russie, créateur de la magnifique ville de St Pétersbourg, et qui fit construire à Tallinn une maisonnette puis un château.
Pour commencer la journée, je pars m'intéresser à un sujet qui le préoccupait tout particulièrement : la marine.
Dans un port au nord de la ville, quelques anciens navires de guerre sont ouverts au public. Il ne s'agit certes pas de voiliers anciens du temps de Pierre Ier, mais tout simplement de navires du siècle passé, tels le sous-marin Lembit, mis à l'eau en 1936 ou le brise-glace à vapeur Suur Töll datant de 1914. Je n'aurais pas aimé être matelot à bord de ces 2 bateaux : le sous-marin est exigu et les couchettes accrochées aux parois ressemblent en fait plus à des endroits prévus pour caser des bagages et le Suur Töll, quand à lui, grince tant et plus à quai, alors je n'ose même pas l'imaginer au milieu des glaces !! Srcatch, plouf ! Gloups... au fond de la mer, au milieu des poissons.
Mon exploration maritime achevée, en retournant vers le centre ville, je passe devant des immeubles en bois un peu (beaucoup) défraîchis, dont les encadrements de fenêtres sont souvent colmatés avec de la mousse expansive, mais à en croire le type de voitures garées devant (Mercedes, Volvo, Wolskwagen...), j'en déduis que les habitants ne doivent pas être particulièrement pauvres.
Après cette considération architecturale et sociale, je prends le tramway en direction de Kadriorg, ancien lieu de résidence de Pierre le Grand. Le tram me dépose juste au bout du parc, et il me suffit d'une courte promenade pour arriver au palais de Kadriorg, qu'il fit construire pour son épouse, Catherine Ière, au début du XVIIIème siècle - le nom Kadriorg viendrait en fait de Catherine. Le palais ne contient pas beaucoup de mobilier d'époque, mais est consacré à des expositions. Certaines pièces me font penser aux palais russes de St Pétersbourg, d'autres ont un aspect beaucoup plus moderne et épuré et au final, les deux styles s'accordent parfaitement.
La suite plus tard, car il fait trop sommeil aujourd'hui.

Aujourd'hui, c'est jour de fête à Tallinn pour célébrer le 15 mai 1248, jour où Éric IV du Danemark accorde la charte de Lübeck à la ville de Reval (ancien nom de la ville).
Il faudra que je développe un peu plus mais, pour résumer, il y a eu un discours du maire, un défilé en costumes d'époque, des concerts partout, toute la journée et pour finir il y a eu la nuit des musées.

Ce matin, en me réveillant j'avais peur qu'il fasse mauvais car hier soir, la pluie s'est mise à tomber. Heureusement, ici à Tallinn, la météo fait bien les choses et il pleut pendant la nuit mais pas le jour.
Toujours grâce à ma Tallinn Card, je me procure un iPod sensé être écouté en visitant la ville... sauf que la fille qui parle dans mes écouteurs a une voix tremblotante, un accent parisien fort désagréable et que les commentaires sont d'une longueur à s'endormir au détour d'une rue. Je décide de ranger au fond de mon sac ce gadget joliment protégé dans une housse rose (à l'office de tourisme, ils ont dû se douter que c'était ma couleur préférée et me l'on mis de côté depuis la semaine dernière) et je ne le ressortirai que ce soir une fois à l'hôtel et confortablement installée dans un divan. Nous dirons que c'est juste pour pouvoir me concentrer à fond sur les commentaires (et absolument pas par fainéantise).
Je continue donc ma route, armée de mon appareil photo, de mes lunettes de soleil... et de mes nus-pieds !!! Et oui, j'ai enfin fini par les sortir de la valise car le temps s'est sacrément réchauffé depuis hier. Je flâne dans les rues en direction du musée de la marine, m'arrêtant parfois pour visiter les églises que j'avais prévu de visiter lundi... je n'aurai plus rien à faire lundi, mais c'est sur mon chemin, alors je ne peux pas m'empêcher d'entrer.
Je commence par l'Eglise du Saint-Esprit, datant du XIVème siècle et un des plus anciens bâtiment de la ville. L'intérieur est magnifique, en bois sculpté, la chaire date de 1597 et le retable du XVème siècle. A l'extérieur, une horloge peinte du XVIIème est la gardienne du temps à Tallinn.
En ressortant, je ne sais plus où donner de la tête et chaque rue m'appelle : d'un côté Saiakang, littéralement, le Passage du pain car on y vendait déjà du pain il y a 600 ans, la rue du Puits à Poulie, la Grande Guilde, la Guilde de Saint-Kanut, la Guilde de Saint-Olaf, puis encore la Confrérie des Têtes Noires... tout ça à la suite ! C'est sympa pour le touriste de regrouper les monuments, ça use moins les pieds.
Plus loin, j'arrive à l'église Oleviste ( St Olaf, d'après le roi de Norvège Olav II Haraldsson). C'est, en 1500, le plus haut monument du monde avec son clocher et sa flèche atteignant 159 m, mais plusieurs fois touchée par la foudre, elle n'atteint aujourd'hui plus que 124 m, ce qui ne l'empêche pas de dépasser encore un grand nombre de bâtiments de la ville. Comme j'ai le droit de monter en haut du clocher, je monte... je monte, je monte, je monte je monte encore, je monte encore plus haut. Pause. Je continue de monter et arrive enfin à l'air libre, dominant la ville la mer et manque de me faire percuter par une mouette. De là , on voit à 360°, du côté de Toompea (la ville haute) ou à l'opposé, vers les ferries qui m'emmèneront en Finlande d'ici quelques jours.
La descente est nettement plus rapide que la montée (on dirait qu'ils ont enlevé la moitié des marches entre-temps).
En sortant, je vais jusqu'à la tour de la Grosse Margaret. Non, je ne connais pas Margaret et je ne l'insulte pas... c'est le nom d'une des tours du mur défensif du fait de son périmètre de soixante dix-neuf mètres. Cette tour abrite aujourd'hui le musée de la marine que je suis venue visiter. La mer étant très importante pour Tallinn et l'Estonie en général, il me semblait indispensable de faire un détour par ici. L'expo n'étant pas toute traduite en anglais, je dois me rabattre sur le russe et ne comprends pas toujours grand chose, mais c'est joli : il y a des maquettes de bateaux, des objets de toutes les époques, des cartes...
Après une pause miam bien méritée, je repars en direction du musée de la ville de Tallinn. Depuis mon arrivée à Tallinn, je fais un stage d'anglais : le russe n'est pas toujours le bienvenu et les musées ne sont pas traduits en français, donc je parle et lis en anglais à longueur de journée. Même en anglais, le musée reste intéressant : on y trouve des objets anciens, une présentation des anciens métiers et de la vie ici à différentes époques.
Ma visite à peine finie, je pars rapidement pour une visite des tunnels sous le bastion de Toompea, prévue à 16h30. Le rendez-vous a été pris il y a 2 jours et les places pour les visites guidées on l'air de partir plus facilement que des petits pains, donc il ne faut surtout pas arriver en retard. Au début de la visite, on nous annonce que la température en bas est de 6°C. Vous imaginez ma tête, moi qui était toute contente ce matin de sortir mes petites chaussures estivales. Glagla ! Mais les Estoniens sont gentils et prévoyants (plus que les touristes en tout cas), et on nous propose des couvertures à nous mettre sur les épaules. J'en trouve même une super assortie à mon haut vert pistache (et à l'intérieur de mon sac). C'est trop fashion ! Je descends dans les profondeurs glaciales et remonte peu à peu dans le temps. Il y a 5 ans encore, des gens habitaient là (y compris des familles avec enfants), dans le froid et l'humidité. Il y avait aussi des fêtes punk underground. Avant cela, pendant la guerre, les tunnels servaient d'abris alors qu'une partie de la ville était détruite par l'aviation soviétique... et bien avant tout ça, les tunnels avaient été creusée dans les années 1670 pour épier les ennemis et pour abriter les soldats et les munitions.

Ce matin, j'entrouve un oeil... le jour vient de me réveiller. Je regarde l'heure... 4h30. J'essaie de me rendormir en vain.
Aaaargh, fichu grand nord ! Les nuits blanches ne sont pas loin (dans un mois environ).
A une heure plus raisonnable pour faire du bruit, je me lève, prend mon petit déj', puis retourne m'allonger car il est encore trop tôt pour commencer la moindre visite et de toutes façons, je suis épuisée.
Enfin 8h30, je me prépare pour de bon et prends le bus pour le musée d'ethnographie en plein air. J'avoue avoir pris le bus touristique qui dépose les flots de visiteurs flemmards au pied des monuments et autres sites à voir... c'est compris dans mon pass et ça évite de réfléchir (et en plus, il part du bout de ma rue... la bonne excuse).
Le musée est situé un peu en dehors de la ville, au bord de la mer Baltique et on y trouve d'anciennes maisons en bois, une chapelle (1699), une caserne de pompiers, une école et des moulins à vents déplacées là depuis diverses régions d'Estonie (intérieur du pays, côte et îles). Dans les maisons, on voit la vie d'autrefois, parfois juste grâce aux objets d'époque (outils, mobilier, vêtements) et parfois avec de vrai gens qui sont obligés de travailler quand vous êtes là . Ils n'ont pas dû tous aimer ma visite parce qu'en restant pour faire mes photos, j'ai dû considérablement allonger leur temps de travail. Certains se sont pris au jeu et ont regardé amusés les photos sur l'écran de mon appareil et avaient l'air fiers de leur prestation.
Les estoniens devraient sortir la burette d'huile pour leurs oiseaux : que se soient les mouettes ou les cygnes en plein vol, tous font un affreux bruit de porte qui grince. Le bord de mer non seulement très bruyant mais aussi très odorant... c'est assez étrange d'être au milieu d'une forêt de pins et d'avoir en même temps une forte odeur de mer.
Au bout de 3 heures à me promener de maison en maison au milieu de la forêt, j'ai repris mon bus touristique jusqu'à l'arrêt suivant : le zoo, histoire de rester encore un peu dehors tant qu'il fait beau car le temps commence à changer et les nuages deviennent de plus en plus serrés et gris. Les musées attendront demain.

Cette nuit, nous avons traversé la Lettonie, fait un crochet par Riga (qui est magnifique la nuit et où je séjournerai dans près de 2 semaines), avant d'arriver en Estonie. Le bus n'était pas bien plein et j'ai par conséquent pu prendre mes aises et bénéficier de 2 fauteuils pour le prix d'un. Ayant également 2 coussins, j'étais fort bien installée. Cependant, pour que j'arrive à dormir, il me faudrait un vrai lit et pas une place assise... faudrait que j'en touche 2 mots à Eurolines.
Vers 4h, il a commencé à faire jour, et à 5h15, le soleil rougeoyant dépassait la cime des arbres au loin. On sent qu'on avance vers le nord. Les nuits se font de plus en plus courtes et dehors, les gens sont de plus en plus habillés (maintenant, on en voit même avec des gants et des bonnets!!). D'un oeil inquiet, j'observe l'eau dans les fossés et suis rassurée de voir qu'elle n'est pas gelée. Les arbres, eux, n'ont pratiquement pas de feuilles, le printemps se fait attendre.
A 6h, le bus arrive à Tallinn, capitale de l'Estonie, le plus nordique des pays Baltes. La banlieue n'a rien à voir avec les banlieues des pays de l'Est que je connais : on a d'abord un ceinture de maisons en bois bien entretenue, devant lesquelles de belles voitures sont garées, au milieu de ces maisons, on trouve parfois des maisons d'architectes, de forme cubique et ressemblant à celles que nous avons chez nous. On traverse ensuite une autre ceinture : celle des quartiers populaires, avec des immeubles de brique et aux toits à faible pente, puis nous arrivons dans un quartier d'affaires aux immeubles modernes. J'ai plus l'impression d'arriver dans une ville de Scandinavie que dans l'ex-URSS.
Le bus me dépose à la gare routière et je commence par retirer de l'argent 3500 couronnes (après mes 70000 forints retirés à Budapest en mars dernier, ça ne me fait plus rien... même si je vérifie 10 fois sur la calculatrice de mon portable que ça correspond bien au nombre d'euro dont j'ai besoin). Ouaaaah, j'ai des billets de 500 !! Je suis carrément trop riche !
Que faire de tout cet argent ? Allez, soyons fous, je dépense direct 15 couronnes pour prendre le tram en direction de mon hôtel afin de me débarrasser de mon encombrante valise. Boum badaboum boumboum (à répéter 100 fois), je roule de l'arrêt de tram à l'hôtel sur un trottoir pavé, faisant tellement de bruit que j'ai dû réveiller toute la ville. Ma chambre n'étant pas encore prête, je dois me contenter de laisser mes bagages, et je dois repartir m'occuper dehors.
Ma visite débute par Toompea, la ville haute. On y accède par une petite ruelle si escarpée qu'elle est à moitié occupée par un escalier menant à l'une des portes du rempart protégeant Toompea. A peine cette porte franchie, je me retrouve face à la cathédrale orthodoxe russe Alexandre Nevski. On dirait qu'ils viennent de la peindre ce matin tellement elle est resplendissante.
A cette heure, les rues sont quasi-désertes, à l'exception d'une courette où je vois, plus qu'étonnée, une maman canard se promenant, suivie de près par toute sa marmaille.
Je fais le tour de tous les points offrant une vue panoramique, repérant les monuments à voir, le port d'où partent les ferries en direction de la Finlande et de la Suède, les parcs... si le temps reste aussi magnifique que ce matin, je devrais passer une semaine fantastique ici à Tallinn.
A 9h, je récupère ma Tallinn Card, le sésame pour se déplacer et visiter la ville et pars à l'assaut de Kiek in de Kök, une des tours du rempart, où une exposition d'une excellente qualité présente l'évolution du rempart, des armes anciennes, des vidéos relatant l'histoire de la ville. A 12h, je comptais visiter les tunnels sous le bastion, mais c'est complet pour aujourd'hui et demain, et je prends donc rendez-vous pour vendredi... visiblement, je ne suis pas la seule touriste ici !
Je retourne ensuite à l'hôtel, histoire de prendre une bonne douche et de grignoter 3 trucs avant de repartir en vitesse pour une visite guidée de la ville. La première partie de la visite s'est effectuée en bus, où nous sommes passés par Kadriorg, où Pierre Ier avait fait construire un palais lorsqu'il conquit la région (palais que je compte bien visiter avant de partir) puis, plus au nord, par Pirita, où se trouvent, la plage, le Yacht Club (où se déroulèrent les épreuves de voile des JO de 1980 de Moscou), l'amphithéâtre du chant estonien (qui reçoit tous les 4 ans un prestigieux et gigantesque festival de la chanson), Et les ruines du Couvent Sainte Brigitte.
Après la balade en bus qui m'aura permis de me faire une idée des distances et des directions vers les monuments à voir en dehors du centre, nous repartons vers Toompea pour une visite commentée.
Ma première journée à Tallinn s'achève après avoir fait des courses au supermarché du coin... il faut bien reprendre des forces après avoir autant marché !

Histoire sans paroles pour l'instant, sinon je risque de manquer mon bus pour Tallinn.
Arrivee prevue : demain matin 6h
A +

Alors qu'hier soir la météo annonçait de la pluie sur Vilnius et Trakai, nous avons droit à un soleil radieux ce matin. Je vérifie sur internet le temps à Trakai et.... soleil !!! Je déjeune en vitesse, attrape mon sac photo et cours jusqu'à la gare. Je demande un billet de train pour Paneriai.
C'est où ? C'est quoi ? Paneriai, c'est un endroit tristement célébre, à 10km de Vilnius, où les nazis ont exterminé les 3/4 des 100 000 juifs de la capitale. Aujourd'hui, c'est un village composé d'isbas et de petits immeubles au milieu des arbres, avec 2 rues goudronnées et le reste en chemins de terre. En suivant la route sur ma droite en sortant de la gare et en marchant sur 1 km, j'arrive au mémorial. J'entends au loin de aboiements de chiens et je m'attends à tout moment à en voir surgir un de je ne sais où. C'est archi désert et plutôt glauque, perdu au milieu de la forêt. Le petit musée est fermé aujourd'hui (lundi), mais un plan me permet d'arriver aux différents puits où les nazis tentaient de camoufler leur crime en brûlant les corps de leurs victimes et aux monuments qui leur rendent hommage. Dans l'absolu, ce n'est qu'une forêt comme les autres, mais je m'imagine à la place de ceux qui sont morts ici, dans un cadre aussi paisible, avec peut-être le chant des oiseaux et certainement le fracas répété et régulier des balles des nazis. J'ai encore ce bruit qui résonne dans ma tête depuis l'exposition temporaire sur Katyn, au musée de l'insurrection de Varsovie... ça fait froid dans le dos. En mourant ici, on doit avoir l'impression de mourir dans l'indifférence la plus totale, sans aucun témoin, personne pour se souvenir de vous ou de ce que l'on vous a fait.
Je finis par retourner vers la gare, n'osant pas m'aventurer plus loin... ça me fiche les chocottes ces aboiements et le fait d'être toute seule à un endroit où je ne vois pas à plus de 10 mètres de moi à cause du relief.
De retour à la gare, la mauvaise nouvelle tombe : je dois attendre 1h30 qu'un train arrive. J'avais lu qu'il y avait environ 24 trains par jour, mais voilà , ils ne disaient pas quand. Il ne me reste plus qu'à faire du tourisme autour de la gare : un tour au milieu des isbas, une traversée du pont au-dessus des nombreuses voies ferrées, un tour au magasin local (de type soviétique : 5 vendeuses pour très peu de produits, les produits sont derrière des vitrines ou sur des étagères derrière la vendeuse, vous demandez ce que vous voulez et on vous le donne, pratique pour lire ce que c'est ou pour voir la date de péremption, et encore plus pratique quant on ne parle pas lituanien). Je ressors de là avec un bon pique-nique et m'installe sur le quai de la gare, au soleil, un arbre en fleur derrière moi. Le luxe, version touriste en Lituanie.
Mon train arrive enfin (à l'heure) et s'arrête au vieux village de Trakai. J'avais lu qu'on y trouvait de vieilles maisons en bois, mais j'ai l'impression d'avoir fait le tour et je n'ai rien vu de particulièrement impressionnant. Heureusement que mon train s'y arrêtait car sinon j'aurais loué un vélo et fait 6 km à l'aller et autant au retour, ce qui m'aurait fort déçue. Là , je me dis que j'ai fait une balade sympa, dans un endroit charmant, et j'ai même vu un ancien monastère, tout au bout du village. Je suis retournée à la gare à temps pour le train suivant en direction de Trakai (pas le vieux village, mais la ville du même nom).
Et là , ouaaaahh ! Dès la descente du train, j'aperçois un lac dans lequel se relètent les nuages et les arbres des alentours. Entre la gare et le château de Trakai, il faut marcher 2 km, ce qui est un vrai délice avec un paysage pareil. On entre assez rapidement dans la ville, mais elle est très jolie et la route est bordée de vieilles maisons de bois, visiblement repeintes chaque année. Il y a bien évidemment également des immeubles, mais l'impression générale est fort agréable.
Et là , soudain, devant moi, le château, majestueux sur son île, entouré de voiliers, canoés et pédalos. Splendide !
Pour aller jusqu'à ce château de conte de fées, il faut suivre un premier pont de bois jusqu'à une première île, puis prendre un second pont de bois pour se retrouver devant la porte.
Le château date de la fin du XIVème siècle, est peu à peu tombé en ruines et a récemment été totalement restauré. C'est un ensemble grandiose. On pénètre tout d'abord dans une vaste cour, puis l'on passe un pont levis pour entrer dans une autre cour, au centre du bâtiment le plus haut. Je me sens toute petite là en bas. J'étais loin d'imaginer une si grande construction.
Trakai est connu pour son château et pour sa culture karaite, La secte Karaite (dont le nom vient de kara, qui signifie "qui étudie les écritures", aussi bien en hébreux qu'en arabe), est originaires de Bagdad et suit la Torah (rejetant le Talmud des rabbins). Vers 1400, le Grand Duc de Lituanie, Vytautas, ramena de Crimée environ 380 familles de Karaites, employés comme gardes du corps.
Il y a à Trakai un musée consacré à la culture Karaite, mais il n'est ouvert que du mercredi au dimanche... et aujourd'hui, on est lundi, de plus il est 18h. Tant pis, pisque c'est comme ça, je boude et je rentre à Vilnius en bus.
De retour à l'hôtel, je m'écroule sur mon lit et ne bouge même pas un cheveu pendant une heure tellement je suis épuisée de ma journée.
Coût de la journée : environ 9 euros
- transport Vilnius-Paneriai-Trakai-Vilnius : 11,50 litai (environ 4 euros),
- visite du château + autorisation de faire des photos : 12 + 4 litai (environ 5 euros)

Après une étude approfondie de la météo de Vilnius, Trakai et Kaunas, les 3 villes que je souhaite visiter ici en Lituanie, j'en déduis que le seul moyen de limiter les risques de pluie serait d'opter pour Kaunas. Evitez les jeux de mots idiots, merci. La météo y prévoit seulement beaucoup de nuage, mais avec un risque de précipitations de 20%.
C'est parti pour une excursion improvisée dans la 2ème ville du pays, Kaunas (360 000 habitants) - la ville fut la capitale de la Lituanie entre les 2 guerres mondiales et renait aujourd'hui grâce à Ryanair qui en a fait son hub Lituanien.
Mon sac sur l'épaule, je vais direct à la gare routière de Vilnius, demande à la dame de la caisse si elle parle anglais... vous devinez que la réponse est évidemment non, mais elle enchaîne en disant qu'elle parle russe et ... français !! Je n'en demandais pas tant. Elle me propose un mini-bus express pour 20 litai, que je m'empresse d'accepter.
Il n'est que 8h20 quand le bus quitte Vilnius... je suis fière de moi. En retraversant la banlieue, je mis dis qu'au fond, elle n'est pas si laide que ça car il y a beaucoup d'arbres partout (pins, sapins, bouleaux), ce qui permet de cacher un peu les immeubles qui crient misère.
En chemin, le ciel se dégage peu à peu jusqu'à devenir entièrement bleu. Ouaaaahhh!! Une semaine que j'attendais ce spectacle ! J'ai également droit à quelques bonus : en regardant bien dans les champs, j'ai vu une plantation de cigognes, qui ont aussi colonisé arbres et toits. Ce sont peut-être les cigognes que j'avais vues l'an passé à Tashkent, qui sait ? J'aperçois aussi un rapace en pleine chasse, des pêcheurs sur les bords des lacs. La nature est splendide, alternant champs et forêts de pins et de bouleaux.
Après 1h45 dans le bus, nous arrivons à Kaunas. Le bus s'arrête, tout le monde descend. Moi aussi. Je regarde autour de moi et j'ai du mal à imaginer que je suis dans un centre-ville. Un kiosque à journeaux vend un grand plan de la ville et cela me semble être un bon investissement. Oups ! Je suis effectivement loin du centre ville, à tel point que je n'ose même pas essayer de calculer la distance. Je me contente de regarder dans quelle direction partir et décide que ma visite commence là , top départ, on tourne à gauche et on marche en profitant du soleil (et sans claquer des dents malgré les 9°C, s'il vous plait).
Le début de ma visite n'est pas très intéressant, mais j'arrive finalement au milieu de jolies isbas (maisons en bois avec jardinet autour, typique en Russie et dans les ex-républiques de l'URSS). Juste derrière, j'arrive dans ce qui est indiqué comme un parc sur mon plan mais qui ressemble plus à une forêt traversée par quelques chemins. C'est très bruyant ici !! Il ya des oiseaux partout qui font un vacarme de tous les diables.
Après ce parc, la vieille ville, enfin ! L'église de St Mykolas Arc-Ange m'accueille fièrement au milieu des arbres, ses murs blancs resplendissant au soleil. Quelques mètres plus loin, je fais une halte à l'office de tourisme pour avoir un plan pour touristes, avec les gros numéros sur les endroits à voir, ce qui permet de gagner du temps et de ne pas manquer LE monument à voir.
A partir de là , je suis le plan à la lettre, suivant principalement la rue piétonne et touristique principale, tournant à droite pour aller voir le jardinet du musée de la guerre et le monument de la liberté (symbole du pays), et revenant sur la rue précédente pour voir d'autres statues, dont celle du Grand Vytautas, Grand Prince liutanien.
Contrairement à Vilnius, le centre-ville n'est pas un ensemble architectural homogène. On y trouve des bâtiments de toutes les époques, dans tous les états. Je n'ai pas cette sensation d'invitation à la découverte qui m'avais si agréablement surprise dans la capitale... tant pis, on va dire que ça me permet d'aller plus vite vers le vrai but de ma visite : le château de Kaunas, construit dès le début du XIVème siècle à l'époque teutonique. Construction gothique avec deux rangées de murailles en briques rouges, c'est un symbole de la Lituanie... mais comme j'ai eu l'option soleil et ciel bleu, je n'aurai pas l'option château, caché derrière un échaffaudage et un filet vert, de lourds travaux de restauration m'empèchent de le visiter. Je me roulerais bien dans l'herbe pour pleurer, mais je préfère m'assoir sur un banc au soleil, au milieu des pissenlits, et grignotter mon muffin au chocolat avec un enrobage au chocolat croquant... ça ne fera pas avancer les travaux plus vite, mais ça remonte le moral.
Privée de château, je fais le plein d'églises (il doit y en avoir à chaque coin de rue et même entre les coins), et fais une halte sur la place de l'hôtel de ville qui fut autrefois la place du marché. L'hôtel de ville fait aussi penser à une église et est surnommé le "cygne blanc" du fait de sa couleur et de la tour qui le surplombe.
Je traverse ensuite le Nemunas (je vous vois aussi étonnés que moi la première fois que j'ai vu le nom de ce fleuve) et monte en haut de la colline en face de la vieille ville pour une vue panoramique... je l'aurais bien faite en funiculaire, mais ils ne fonctionne pas aujourd'hui et je dois donc escalader l'Everest par les escaliers. Bon, ok, c'est pas très haut, mais j'ai fait beaucoup de kilomètres aujourd'hui, alors j'ai le droit d'en rajouter un peu. Ca valait le coup de faire l'effort de monter : la vue est superbe et on domine toute la ville.
Je redescends ensuite vers le centre. En entrant dans la cathédrale basilique de St Paul et St Pierre, qui ne paie pas de mine de l'extérieur, mes oreilles sont enchantées par la musique : un choeur d'enfant chante pour la messe, accompagné d'un carillon et de l'orgue. C'est divin ! Malheureusement, le prêtre tient vraiment à faire sa messe et les chants s'interrompent... et moi, je me sauve. Je pense avoir parcouru la quasi-totalité des rues du centre, incluant la magnifique rue de Vilnius, dont la plupart des bâtiments datent du XVIème siècle.
Pfiou ! ca fait beaucoup en un seul jour. Il y aurait peut-être la forteresse à voir, mais seuls quelques forts subsistent et sur les photos, ça n'a pas l'air follichon, alors, en fin d'après-midi, je reprends le bus vers Vilnius, contente de pouvoir enfin me reposer.
Le repos total n'aura duré que le temps du trajet, car à peine arrivée à l'hôtel, on commence à me parler russe : d'abord un chauffeur moldave, ensuite une vieille dame lituanienne se joint à la conversation, suivie de 3 biélorusses venus ici pour le 9 mai, libération de la 2nde guerre mondiale, dignement fêté ici. On a même regardé à la TV la grande parade militaire russe sur la Place Rouge. Bref, c'était pas facile de me concentrer sur mon blog aujourd'hui!