Le Japon du Nord au Sud

Le jour où je suis arrivée à Nagano, au coeur des Alpes japonaises

La nuit a été longue car je n'ai pas réussi à dormir de la nuit dans le train. J'ai du changer de train à 5h40. Comme hier soir j'avais eu la bonne idée de présenter par erreur au contrôleur la réservation pour un de mes trains d'aujourd'hui, il a la gentillesse de venir jusqu'à moi pour me dire sur quel quai je devais prendre mon train suivant. C'est sympa car je n'avais que 4 minutes de battement entre ces deux trains. J'ai une dizaine de mètres à parcourir pour passer d'un train à l'autre, sur le même quai. Du coup, je n'ai même pas besoin de me réveiller complètement pour y arriver.

Le changement suivant est plus long : 40 minutes à attendre dans une gare glaciale. Brrrr... vivement qu'on arrive !! Justement, il est l'heure de prendre mon premier Shinkansen (les TGV japonais) du jour en direction de Nagano.

Arrivée à 11h à bon port, je passe un rapide coup de fil à l'auberge pour savoir si je peux déposer mes bagages et comme la réponse est oui, j'y jette mon paquetage avant de partir à la découverte de la ville. Nagano est une ville bien plus grande que je l'imaginais (380 000 habitants). Elle se situe dans la vallée et est entourée de stations de ski, raison pour laquelle elle a pu accueillir les JO en 1998.

Nagano : oyaki restaurantPremière étape : reprendre des forces au resto que l'auberge m'a conseillé. Le hic, c'est qu'en entrant, j'ai vu un menu en anglais avec des photos, mais qu'on m'a envoyée vers le fond du resto et qu'il n'y a dans la salle où je suis que deux dames un peu âgées qui s'affairent autour d'un feu pour préparer la spécialité culinaire locale : des oyakis, une boule de pâte farcies avec des légumes ou du poulet. Le hic, c'est que de l'extérieur, ils sont tous identiques. Alors quand une des dames me demande en japonais celui que je veux, je suis bien embarrassée car tout est écrit en japonais. Alors, même pas peur, j'en pointe un du doigt et on me le sert avec un bol de soupe miso, un peu de riz et du thé japonais. L'oyaki est aux épinards et va très bien avec le reste. J'en essaierai d'autres pendant mon séjour, c'est sûr !

Nagano : Zenkoi TempleA quelques minutes à pieds de mon auberge se trouve le célèbre temple bouddhiste Zenko-ji, datant du VIIème siècle et qui fait partie des trésors nationaux du Japon (la ville de Nagano fut construite autour du temple).

Le temps est magnifique bien qu'il ne fasse pas chaud du tout. Le vent siffle dans mes oreilles et mes doigts deviennent dix petits glaçons dès que je retire mes gants.

Après le temple, j'ai largement le temps d'aller voir le zoo qui se trouve un peu plus loin. J'en profite pour m'entrainer à photographier les macaques japonais qui s'y trouvent car demain j'irai au parc des singes, dans les montagnes enneigées à un peu plus d'une heure d'ici.

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Le jour où les singes de Shiga Kogen prenaient un bain dans un onsen

Encore une journée que j'attendais avec impatience : aujourd'hui je vais voir des singes qui vivent à Shiga Kogen,  dans les montagnes près de Nagano. Ils sont très célèbres et on les voit dans de nombreuses émissions car ils passent une bonne partie de leur temps dans un onsen - une source chaude naturelle - au beau milieu de la neige.

Après avoir bravé le froid à l'hôtel, tout d'abord dans la chambre parce que je suis une grosse flemmarde et que je n'ai pas eu le courage de me relever hier soir pour mettre le radiateur en route, ensuite dans la salle de bain car je suis la première à y aller, puis dans la pièce commune car c'est très mal isolé, que la pièce est grande et qu'il y a une grande baie vitrée qui laisse passer l'air, je finis par lever le camps pour prendre le train en direction de Yudanaka.

train : Nagano vers YudanakaLe trajet est assez interminable, en train local qui s'arrête dans toutes les gares. On va dire que je fais du tourisme et que c'est une super occasion de voir le pays. Je traverse une zone campagnarde enneigée entourée de montagnes encore plus enneigées. En plus, devinez quoi : il neige ! J'avais demandé de la neige, mais là, faut pas abuser. J'y ai déjà eu droit à Sapporo, faut pas tout prendre au pied de la lettre.

Arrivée à Yudanaka, j'ai un peu de temps pour tenter de me casser une jambe en faisant un petit tour dans les ruelles proches de la gare. Mes chaussures s'agrippent bien au sol, mais parfois, la fine couche de neige qui recouvre la route n'accroche pas à la glace cachée dessous et je me suis fait quelques frayeurs. Mais mon sens inné de l'équilibre sur les sols verglacés m'a permis de retourner saine et sauve devant la gare pour prendre un bus vers le parc des singes. C'eut été dommage d'être si proche du but et de finir à l'hôpital avec une jambe dans le plâtre.

Monkey Park : cheminUn quart d'heure de bus plus tard, j'entame une marche d'une demi-heure dans la forêt de Shiga Kogen sur un chemin verglacé. Tout est silencieux : la neige croustille timidement sous mes pieds et j'entends de l'eau couler en contrebas. La montagne est abrupte, mais heureusement le chemin est presque plat sur une très grande partie du trajet.

Enfin, les voilà, les macaques japonais qui font plouf dans l'eau chaude ! Ils ne sont pas seuls : tout autour de l'onsen, des photographes sont en pleine action et ont ont presque tous un matos d'archi-pros. A côté d'eux, j'ai l'impression d'avoir un jouet miniature pour prendre mes photos. N'empêche, un singe a dû trouver que c'était vraiment trop injuste cette concurrence déloyale et il les a tous arrosés en sortant brusquement de son bain.

Monkey Park : entraideDans une eau à 40°C, c'est fou ce qu'on se sent bien, visiblement. On s'épouille seul, à deux ou en bande, on ferme les yeux de bien-être, ou on vire son voisin en hurlant... ça dépend.
Dès que les grains de blé sont servis, on sort vite du bain pour manger. On y retourne ensuite ou on vire son voisin en hurlant... ça dépend.

Avec ma tête de touriste, j'ai encore droit à une interview, pour un magazine cette fois (pour quelle raison je me trouve dans la région de Nagano et ce que je compte y visiter). On m'a prise en photo, alors je fais de même avec les deux journalistes.

400 photos plus tard, il est temps de repartir, surtout que la neige commence à bien tomber et qu'il faut retraverser la forêt en suivant le chemin verglacé et attendre le bus sous la neige qui tombe encore plus fort... 30 minutes car j'en ai manqué un de justesse... la faute à mes deux dernières photos qui m'ont retardée (ou peut-être aussi les 10 autres faites juste avant). C'est pas grave, du coup, j'ai le temps d'en faire un peu plus depuis l'arrêt de bus.

Retour à l'hôtel à Nagano, où je squatte la place à côté du radiateur en regardant la neige tomber. Demain, je serai à Matsumoto pour la journée (because ils ont un vieux château).

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Le jour où j’ai visité le corbeau de Matsumoto et ai vu cygnes et canards

Ma journée devait déjà être chargée, mais on m'a dit à l'auberge qu'il y avait une cérémonie bouddhiste à 7h au grand temple à côté. Comme d'habitude, je me suis laissée convaincre et me voilà debout à 6h30 un samedi de vacances. Cette nuit il a neigé et il fait très froid. Mieux vaut partir en avance car il sera impossible de courir sans se casser au moins une jambe, les rues étant verglacées à souhait. Nous sommes 3 de l'auberge et une quinzaine de fidèles à avoir eu le courage de mettre le nez dehors si tôt. Les moines arrivent et la cérémonie commence.

J'avoue ne pas être restée jusqu'à la fin, mais j'étais obligée d'aller déjeuner pour partir à Matsumoto, à une heure de train de Nagano. Matsumoto est célèbre pour son château noir de la fin du XVIème siècle et classé "trésor national du Japon". Sa couleur lui vaut le nom de "corbeau".

 

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Le jour où les cerisiers étaient en fleur à Kumamoto

J'ai eu froid toute la nuit dans le train, et finalement, à 1h de l'arrivée, j'ai fini par me rendre compte que je pouvais couper la ventilation manuellement au niveau du plafond. La température monte en flèche et quand je réussis enfin à me réchauffer, le train s'arrête pour me laisser descendre dans une ville un peu au nord d'Hiroshima. Il n'est que 6h40. Laissez-moi dormir au chaud !
Changement de train pour Kumamoto.

J'arrive à Kumamoto à 10h40 et file dare-dare à l'hôtel pour laisser ma valise. Le tram de Kumamoto est assez surprenant lorsqu'on a débuté son voyage à Tokyo : le modernisme a dû s'arrêter plus au nord. Le tram doit dater des années 50, avec plancher en bois et tout qui grince. Il va à 2 à l'heure, il faut grimper 2 marches assez abruptes (c'est pas pratique avec une valise) et en plus,  il faut l'attendre longtemps car n'y en a pas tant que ça.

Une fois débarrassée de mes bagages, je pars à la découverte de la ville. J'ai l'impression d'avoir changé de pays. Tout à l'air plus vieux qu'à Tokyo, Sapporo ou Nagano. On est loin au sud, tout en bas du pays.

Kumamoto : le chateauEn arrivant dans l'enceinte du château, mes narines sont chatouillées par un parfum de fleurs fort agréable : ce sont les premiers arbres en fleur de mon voyage !! Bientôt la fin de l'hiver. J'en profite au maximum, les reniflant toutes les unes après les autres.

La spécificité du château de Kumamoto est sa citadelle réputée imprenable, contrairement à d'autres qui ont un rôle plus décoratif. C'est pourquoi la marmotte l'a enveloppée dans le papier d'alu elle est en restauration, cachée sous des échafaudages. On peut visiter une des tours, magnifique, avec un intérieur en bois. Le château, lui,est une reconstitution en béton armé et l'intérieur ressemble à un bâtiment administratif des années 70 avec sol en lino gris moucheté. Dommage, car l'extérieur était plein de promesses.

Kumamoto : arbres en fleur Dans les environs du château, je sniffe au passage quelques arbres en fleur et visite encore quelques temples et sanctuaires, ainsi que Gyobu-tei, résidence vieille de 300 ans, propriété du seigneur Gyobu et qui donne une idée de la façon dont vivait l'élite féodale au cours de l'ère Edo.

Pour finir cette journée bien remplie, un grand bol de ramen (nouilles)  de Kumamoto : un bon bouillon, deux petites tranches de porc, des champignons noirs coupés en lamelles, de l'ail, une feuille d'algue et les nouilles au fond. Miam !

 

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Le jour où j’ai failli voir le volcan de Sakurajima

... mais il a disparu dans les nuages et j'ai trouvé refuge à l'aquarium de Kagoshima pour m'abriter de la pluie mouillée.

J'espère juste que le beau temps va revenir demain pour que je puisse voir le mont Aso (l'autre volcan près de Kumamoto). Le reste de l'histoire un autre jour car il se fait tard et demain je me lève à 5h30. A+

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Le jour où la malédiction du volcan a encore frappé

Ce matin, je me lève encore plus tôt que trop tôt : 5h40 car je dois déposer mes bagages à la consigne de la gare de Kumamoto avant de prendre un train à 7h01. Comme l'hôtel est un peu loin de la gare et que les trams ne sont pas proches, qu'il n'y en a que très peu et qu'en plus je ne pense pas être une super flèche si tôt le matin, j'ai prévu une maxi marge pour avoir mon train.
J'arrive à me réveiller avant que mon réveil ne sonne, me prépare en vitesse, replie futon et couvertures, redonne un coup de brosse à cheveux sur la fourrure de ma capuche (la pluie d'hier ne lui a pas plus, mais là, d'un coup elle à re-l'air neuve) et hop, c'est parti.

Finalement, je suis méga en avance sur l'heure du tram après avoir réveillé 3 rues avec le bruit des roulettes de ma valise. Etant déjà à mi-chemin, je décide de poursuivre l'opération "Kumamoto, debout !" et roule bruyament jusqu'à la gare. J'ai largement le temps de compacter mes affaires pour payer 100 yens de moins à la consigne, et je suis sur le quai avec presque 25 minutes d'avance. A cette heure, de nombreux collégiens et lycéens en uniforme vont en cours.

Mon train est un train local qui s'arrête à toutes les gares, ce qui n'est vraiment pas pratique car les noms des stations inscrits à l'intérieur de la rame ne sont qu'en japonais et je n'ai pas l'heure d'arrivée... je dois donc me contortionner à chaque arrêt pour voir le nom de l'arrêt sur le quai. Pas facile, surtout que visiblement, je dois changer de train en milieu de parcours alors qu'on ne me l'avait pas dit.

Après 1h15 de train, 10 minutes d'attente et 40 minutes de bus, me voilà à 4 minutes de téléphérique de la caldeira du Mont Nakadake, un des cinq cratères du Mont Aso, la raison de ma venue sur l'île de Kuyshu, tout en bas du Japon. Seulement voilà : aujourd'hui il est un brin hyperactif et crache beaucoup de gaz qui sont envoyés par le vent sur la partie haute du téléphérique et sur la zone d'observation.
Je décide d'attendre patiemment, des fois que le vent ait la gentillesse de tourner et d'envoyer les fumerolles sulfureuses de l'autre côté du cratère, mais en vain. Pendant 4h35, j'ai été à 4 minutes de la plus grande caldeira du monde (un périmètre de 130km), et je ne la verrai pas d'en haut.
J'ai cependant bien profité du pestacle de l'endroit où j'étais : le panache de fumée était grandiose, et le froid était tel que chaque branche et brin d'herbe était recouvert de glace. Hier, le temps a dû être bien pire ici qu'à Kagoshima !
Histoire de patienter intelligemment, j'ai fait une pause gourmande au sommet, avec un grand bol de riz recouvert de poulet et d'oeuf, comme j'en avais goûté avec l'amie de Kazuko à Tokyo. Miam !  Servi avec une soupe chaude et du thé vert à volonté, ça fait du bien car il ne fait vraiment pas chaud, même à l'abri.
Retour sans encombres à Kumamoto, je récupère mes bagages (à redécompacter), m'achète mon bento du jour à manger dans le train et réserve une place pour aller à Beppu.
Encore un changement en cours de route, ça ne fera que 5 trains différents dans la journée. Arrivée prévue à 19h51.

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