Le Japon du Nord au Sud

Le jour où j’ai payé pour voir l’enfer à Beppu

Ce matin, j'aurais bien aimé dormir jusqu'à ce soir tellement je suis fatiguée. Mais malheureusement, je dois me lever pas trop tard car je ne reste qu'une seule et courte journée à Beppu et qu'il y a pas mal de choses à voir. La spécificité de Beppu, ce sont les sources chaudes qui font ressembler la ville à un enfer : des nuages de vapeur remontent de tous les côtés : depuis les bouches d'égouts, des cheminées, le sol... et les 8 enfers, où l'on peut admirer des geysers, des sources colorées ou des bains bouillonnants.

Mon réveil sonne à 7h30... il faut croire que j'étais vraiment optimiste hier soir ! Impossible de m'extirper de sous ma couette avant 8h. J'ai un peu abusé des réveils trop matinaux ces derniers jours et la déception de Kagoshima et du mont Aso m'a achevée. Mes affaires sont vite préparées car je n'ai rien sorti de ma valise et je lève le camp en direction des 8 enfers.

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Le jour où j’ai visité Hiroshima et ai rencontré des daims dans une ruelle

Ce matin, je me suis levée un peu avant 7h pour prendre le ferry de bonne heure et faire des photos avec une belle lumière matinale sur l'île de Miyajima. Me voilà donc chaussures au pieds, veste et sac photo sur le dos, j'ouvre la porte d'entrée de l'hôtel et... surprise ! Il pleut. Si j'osais, je me roulerais par terre en pleurant, mais je me contente de pleurer intérieurement.

Je passe donc au plan B : la tristement célèbre Hiroshima.
Un jour de pluie, je ne suis pas certaine que ce soit bon pour le moral, mais c'est toujours mieux que mon plan A. Je pars donc en direction de la gare et me retrouve 40 minutes plus tard à la gare d'Hiroshima. J'agrandis encore un peu plus ma déjà très impressionnante collection de plans de villes et pars en sifflotant sous mon parapluie rose. Beaucoup de japonais marchent d'un bon pas vers leur travail et moi, j'avance avec étonnement dans cette immense ville très dynamique. Un flot continu de voitures, camions de livraison, bus et tramways passe par la rue principale qui fait 45 mètres de large... ça fait sacrément bizarre au moment de traverser !

Hiroshima : A bomb domeJe finis par arriver aux ruines du Genbaku Dome (aussi appelé A-bomb Dome), l'un des seuls bâtiments à ne pas avoir été entièrement détruits par la bombe atomique qui rasa la ville le 6 août 1945 et fit 250.000 victimes. A proximité se trouve le Parc du mémorial de la Paix qui  abrite de nombreux monuments à la mémoire des victimes de la bombe.

Après avoir longuement hésité, je décide de visiter le Musée de la Paix, qui retrace de manière frappante et réaliste les souffrances de la ville au moment de l'explosion de la bombe. Certains témoignages et images sont terrifiants et je me demande comment une seconde bombe a pu être lancée sur Nagasaki 3 jours plus tard.

Hiroshima : centre villeA ma sortie du musée, la pluie s'est arrêtée et je reprends un peu mes esprits en passant au hasard d'une rue à l'autre, remontant vers le nord en direction du château. On trouve de très nombreuses rue marchandes couvertes et des bâtiments aux styles très divers. Cela donne à l'architecture un brin de fantaisie fort agréable que l'on retrouve dans toutes les villes japonaises.

J'avais dit que je ne visiterais pas tous les châteaux... j'aurais dû m'y tenir : le château d'Hiroshima, qui est fort beau de l'extérieur, a été détruit par la bombe atomique et a été reconstruit en béton, comme le château de Kumamoto.

Je poursuis ensuite ma promenade les mains dans les poches à cause du froid dès que les nuages passent devant le soleil et retourne vers la gare. Je ne m'attendais pas à ce que la ville d'Hiroshima soit si accueillante et agréable à visiter.

Comme j'ai encore un peu d'énergie, je prends le ferry pour Miyagima au lieu de rentrer direct à l'hôtel. A défaut d'avoir eu la lumière dorée du matin, j'aurai les illuminations de la nuit.

Miyajima daim japonaisEn marchant dans une ruelle, j'entends un bruit bizarre... mais j'ai l'habitude car au Japon, tout fait un petit bruit ou une petite musique. Même certains jeunes enfants ont des chaussures qui font pouic-pouic à chaque pas pour qu'on ne perde pas. Et là, le bruit était assez ressemblant, un peu comme les jouets pour les bébés ou pour les chiens. Mais j'ai quand même trouvé ça étrange à cette heure et à cet endroit. Alors j'ai regardé autours de moi et j'ai vu d'où ça venait : c'était un daim ! en fait c'étaient plein de daims. Dans la ruelle ! Ils m'ont regardée. Je les ai regardés. et ils ont poursuivi leur chemin, causant à l'occasion un mini-embouteillage.

J'en ai ensuite vu plein d'autres, dont certains qui profitaient de la marée basse pour faire un tour à la plage. Puis la nuit est arrivée et tout est devenu désert, les restos et boutiques étaient fermés et il fut l'heure de rentrer.

Okonomiyaki d'HiroshimaDernière halte à côté du ferry, près de l'hôtel pour goûter la spécialité d'Hiroshima: les okonomiyaki, une sorte de crêpe ou de pizza typiquement japonaise servie sur une plaque chauffante intégrée à la table. L’okonomiyaki est composé de okonomi ("ce que vous aimez") et yaki ("grillé"). Voir la recette des Okonomiyaki d'Hiroshima sur Wikipedia

 

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Le jour où j’ai vu plein de pouic-pouic à Miyajima

Ce matin, j'arrive bizarrement à me lever de bonne heure alors que j'étais totalement épuisée hier soir. A 7h30, je suis déjà prête alors que je voulais prendre le train de 7h51. Vous y croyez, vous ? C'est pourtant vrai. J'en profite donc pour flâner au bord de l'eau, en écoutant les vagues et en regardant un ferry arriver de Miyajima sous un ciel rosé. Tout est calme et le quartier semble encore dormir.
Mon train est presque vide lui aussi. Arrivée au terminus, Iwakuni, je trouve très rapidement mon bus grâce aux explications fournies à l'hôtel et me retrouve devant le pont Kintai-Kyo avant 9h.
Iwakuni : pont Kintai-KyoLe pont Kintai-Kyo est un très vieux pont de bois à la forme très originale, supposé être fabriqué sans le moindre clou (même si j'en ai vu sur chacune des marches), et résistant aux caprices du cours d'eau qui passe dessous (il a pourtant été reconstruit à plusieurs reprises). Pas un touriste à l'horizon, les magasins sont encore fermés. Ce n'est pas trop grave car visiblement, la spécialité locale sont les glaces et qu'il fait royalement froid ce matin. Le ciel est gris et j'ai l'impression que mes doigts sont autant de petits bouts de glaces rattachés à ce qui me sert de mains.
Iwakuni : serpents blancsA un moment, je me rends compte que je suis suivie. Par un chat. Si je m'arrête, il s'arrête. Si j'avance, il avance. Nous visitons donc tous les deux un temple et un sanctuaire, puis nos chemins se séparent quand je décide de rendre visite à des serpents blancs, une espèce que l'on ne trouve qu'ici, à Iwakuni et qui ont reçu le titre de monument naturel. Rien que ça.

Je retourne ensuite tranquilement vers le bus puis la gare puis le ferry de Miyajima.

Le ferry était plein de touristes et en arrivant sur l'île, je me suis vite rendu compte à quel point l'endroit était réputé. Je décide donc d'emprunter un chemin plus calme vers les parcs naturels en direction du téléphérique. Ce n'est certes pas le chemin le plus court, mais il est fort agréable : on entend les oiseaux chanter, les feuilles frémir dans les arbres et on croise plein de pouic-pouics (des daims japonais - lire le post d'hier pour comprendre).
Après une bonne promenade, j'arrive devant un panneau expliquant que le téléphérique était fermé pour la saison.
Dommage pour le panorama  sur la mer intérieure !
Miyajima : Temple Daisho InJe poursuis donc ma route vers le temple Daicho-in, puis redescends vers la zone la plus touristique : le O-Torii Gate et la promenade le long de l'eau qui mène jusqu'au ferry. C'est noir de monde et je renonce à visiter le célèbre monument qui fait face au torii.
En revanche, je ne me laisse pas abattre et fait une pause petit déj' - repas de midi- et peut-être même souper (normal, il est déjà 16h30) et me laisse tenter par du poulpe panné, en forme de feuille d'érable. Archi-bon. J'aurais bien essayé ses jumeaux au fromage et aux autres parfums, mais cela ne serait pas raisonnable.
Et puis impossible de repartir d'ici sans gouter aux huitres grillées. Je n'ai jamais mangé d'huitres de ma vie, alors roulement de tambour... bon ? pas bon ? Oui, quand la chose ne bouge plus et est gratinée avec un peu de beurre et des herbes dessus, c'est très bon.
Miyajima : gateau traditionneAutre spécialité de Miyajima... que dis-je, LA spécialité de l'île : les petits gâteaux en forme de feuille d'érable. Il y en a des magasins entiers et derrière certaines vitrines, on peut carrément voir la fabrication avec les moules en forme de feuilles et tout et tout. J'en ai pris quatre différents, on verra si c'est aussi bon qu'on le dit. J'avoue avoir un peu de mal avec les desserts japonais qui comportent très souvent de la pâte de haricot rouge sucrée. C'est pas mauvais, mais... c'est pas spécialement à mon goût.
Mes gâteaux au fond du sac, je reprends le ferry en direction de l'hôtel car je suis frigorifiée.

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Le jour où j’étais minuscule à Osaka

Je me suis arrêté à Osaka pour la journée, en partant très tôt d'Hiroshima et avant d'aller dormir à Kyoto.

Une très longue journée dans une ville immense. J'avais prévu une halte à Osaka pour son aquarium, le second plus grand du Japon, où l'on trouve un requin baleine (oui, encore !). Ce je qu'avais oublié de prévoir, c'est que ça tomberait un dimanche, donc l'aquarium était pris d'assaut par une armada de japonais. Difficile de voir les loutres et poissons quand vous avez 5 ou 6 personnes devant vous.

Après l'aquarium, j'ai eu le temps de me promener en ville pour voir 2 temples avant d'aller voir la nuit tomber sur le château.

Retour à la gare et arrivée à Kyoto.

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